Porca Miseria

Tonino Benacquista

Gallimard

  • 18 mars 2022

    Une vie, en somme, qu’on a plaisir à découvrir !

    Porca miseria, dont la traduction est putain de merde, était l’insulte récurrente du père de Tonino Benacquista, Césare ! Et dans ce nouveau récit, il le raconte, lui, qui ne sait que noyer son amertume dans son vin jusqu’au moment où il se couche. Alors, seulement, sa famille peut de nouveau respirer !

    Tonino Benacquista raconte aussi sa mère, Eléna, conquise par le cotè frustre de Césare. Telle une « Sabine », il l’enlève, à la vingtaine, et l’emmène en France, espérant trouver la fortune. Mais, là, où son frère ainé parti pour les États-Unis et en revient en Cadillac, Césare, toujours ouvrier, ne peut que glisser des tablettes de chocolat dans les valises de ses quatre enfants pour offrir à ceux qui sont restés.

    Deux mots uniques sont prononcés par cette mère : cholestérol et contrariété. Ils évoquent le malaise de cette femme obligée de se laisser guider dans la rue par son fils, âgé alors d’une dizaine d’années. Elle est complétement étouffée et même maltraitée par ses conditions de vie et la maladie de son mari. Ce syndrome du déracinement est décrit avec beaucoup d’émotions tant l’amour du fils transparait dans ces pages. Du coup, ce sont les enfants qui sont l’interface entre ce couple et le monde. Et lorsque ses sœurs partent ainsi que son frère aîné, Tonino Benacquista reste seul avec ces adultes.

    En chapitres courts, Tonino Benacquista questionne la manière dont il a grandi, sa terre, son identité face à ses parents qui sont restés à jamais des émigrés. Et, pourtant, leur dernier fils démontre à partir du récit de sa jeunesse, comment il ne s’est senti que français.

    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2022/03/18/tonino-benacquista/


  • par (Libraire)
    28 février 2022

    Bouleversant !

    Tonino Benacquista nous offre ici un récit autobiographique, construit par anecdotes. Des chapitres courts qui nous racontent l’arrivée de ses parents en France depuis l’Italie, le déracinement et le mal-être qui s’ensuivit, l’alcoolisme de son père, l’effacement de sa mère, son enfance solitaire, ses frères et soeurs, ses voisins, sa vie.
    C’est poignant, bouleversant, beau, vivant et porté par une écriture sublime.
    Un énorme coup de cœur pour ce dernier roman d’un auteur que je découvre tout juste, dont on m’a tant parlé.


  • par (Libraire)
    31 janvier 2022

    La force des mots

    Dans son dernier ouvrage, le novelliste et scénariste Tonino Benacquista dévoile ses souvenirs d'enfance. Dernier de la fratrie, né en France de parents immigrés Italiens, cet amoureux de la langue française découvre tardivement le pouvoir et le goût des mots. Sous forme de courts chapitres, il déroule le récit familial : la rencontre de ses parents, l'envie de partir de son père -contrairement à sa mère qui ne supportera jamais ce déracinement- ses grandes sœurs au caractère si différent les unes des autres, les quartiers de banlieue dans les années 60, l'école communale, les étés en Italie, l'alcoolisme qui ronge son père ...
    Benacquista est un excellent conteur et un charmeur, il joue avec les mots grâce à une écriture ciselée et imagée et nous offre ici un bel hommage à la France et à la beauté de sa langue.


  • par (Libraire)
    29 janvier 2022

    Avec ce roman des origines, Benacquista vise en plein dans le mille et nous touche en plein cœur !
    Vibrant hommage à la force de l'écriture !


  • 27 janvier 2022

    « Porca miseria » éructe le père bien imbibé avant de s'affaler sur son lit.
    Et voilà, première page, le ton est donné.
    Ce n'est pas un roman, ce sont des mémoires.
    L'auteur repasse sa vie depuis l'enfance, rue de la Gaieté en banlieue parisienne.
    Une banlieue d'immigrés italiens.
    Son père est ouvrier et alcoolique.
    Sa mère est mélancolique à tendance dépressive.
    Des parents qui subissent.
    Ni l'un ni l'autre ne se sont vraiment mis au français, ce sont le frère et les trois sœurs qui s'occupent de toutes les démarches.
    Tonino a subi le désarroi de ses parents.
    Le fait qu'ils ne maîtrisent pas la langue l'a freiné.
    Il a un mal fou a entrer dans un roman.
    En particulier les classiques auxquels il ne comprend rien, croyant lire une langue étrangère.
    Lui qui rêve d'écrire.
    Il s'attarde sur chaque membre de sa famille, en particulier ses sœurs.
    Et cet enfant timide, un peu en retrait, finira par atteindre son but et devenir l'écrivain que l'on connaît.
    La magie de la France pour lui, c'est ça : que des illettrés italiens aient pu donner naissance à un écrivain français.
    S'il s'est inspiré de son expérience pour écrire ses romans, Tonino Benacquista nous livre ici une nouvelle facette de son talent avec son autobiographie.
    Le tout écrit avec une grande sincérité et une grande humilité.


  • par (Libraire)
    22 janvier 2022

    Linguine alle Vongole

    Il flotte comme un petit air des 400 coups dans le dernier roman de Tonino Benacquista ! Issue d'un famille italienne , Les Benacquista se sont installés dans la banlieue parisienne dans les années 1950.
    De cette immigration, sa mère ne s'en remettra jamais , multipliant les allers-retours chez le médecin pour soigner ses " contrariétés "
    Petit dernier de la famille , Tonino trouvera en l'écriture puis la lecture les moyens d'échapper au quotidien tragique des adultes.
    Un très beau roman plein de tendresse et de nostalgie !

    On adore !

    Mila


  • par (Libraire)
    21 janvier 2022

    Affronter ses souvenirs d’enfance par les mots.

    En sortant de la fiction Tonino Benacquista nous offre pour la première fois un récit très personnel sur sa jeunesse et sa famille.

    En nous parlant de son père qu’il n’a, comme il dit, « jamais vu à jeun », de sa mère qui pleure son paradis perdu en ayant suivi cet homme ou de ses frères et sœurs, Benacquista nous happe et nous fait découvrir les difficultés de la vie d’une famille italienne qui part s’installer en banlieue parisienne où la barrière de la langue n’est pas le seul problème.

    Avec une douce amertume et beaucoup de sincérité, parsemée de petites touches d’humour, il nous montre avec ses mots qui glissent sous nos yeux comment l’écriture lui a permis de passer outre le statut de « rital ».


  • par (Libraire)
    17 janvier 2022

    Sans tomber dans un excès de misérabilisme, Tonino Benacquista jette un regard sans équivoque sur son enfance triste et solitaire. Fils de paysans pauvres, son assimilation s'est faite au prix d'un parcours chaotique, entre une mère abattue qui ne fera jamais le deuil de son « paradis perdu » et un père qui choisit de s'enfoncer dans l'alcool plutôt que d'affronter la vie pour rendre sa famille heureuse. Seules ses sœurs lui apportent lors de leurs visites un peu de réconfort. Vierge de tous conseils, sans appui parental c'est seul qu'il trace son chemin vers l'écriture. Sa revanche. Une réussite. A lire sans hésitation.


  • par (Libraire)
    9 janvier 2022

    Un bijou autobiographique - L'Italie, l'exil, l'alcoolisme du père, la mélancolie de la mère, la fratrie, la beauté des mots sur l'écriture et l'écriture, le polar, le cinéma...une merveille !


  • par (Libraire)
    8 janvier 2022

    Tonino Benacquista raconte son enfance et sa jeunesse avec un ton grave et drôle à la fois comme il sait si bien le faire. Ses parents arrivés d’Italie avant sa naissance, sa mère qui refuse toute intégration, les lubies de son père alcoolique, ses sœurs rayons de soleil dans la grisaille, mais aussi la découverte tardive de la littérature : tout est là pour un formidable roman sauf que tout est vrai ! Gros coup de cœur !
    Valérie