• 2 janvier 2020

    Au soir de sa vie, Kenji Takahashi se souvient des personnes qui ont traversé sa vie. Ses parents, d'abord, dont il était le fils unique, et qui l'ont élevé dans l'optique de faire de lui le digne héritier de leur illustre famille. Sa nourrice ensuite, Sono, douce, attachante, qui a illuminé son enfance un temps de sa présence avant d'être éloignée par sa mère car jugée ''d'origine douteuse''. Puis Sakoto sa première femme accusée à tort d'être stérile donc incapable de perpétuer la lignée. Et enfin Mariko et son fils né hors mariage, Yukio. Pour eux, ils bravent l'intransigeance parentale et rompt avec ses parents qui jugent la jeune femme indigne de leur fils. Déshérite mais enfin père de famille, Kenji va suivre le cours d'une vie illuminée par l'amour, assombrie par la guerre; un long fleuve pas toujours tranquille et qui lui réservera encore une surprise de taille quand lui sera dévoilé le lourd secret que lui cachaient ses parents.

    Quatrième tome de la pentalogie d'Aki Shimazaki et quatrième voix. Ici Kenji Takahashi passe de personnage secondaire à héros principal. Cet homme discret, hésitant, raconte ici son parcours fait de hauts et de bas, le poids des traditions qui a pesé sur lui jusqu'à ce qu'il réussisse à s'en détacher pour suivre la voie du bonheur. Pondéré, obéissant, il va être transformé par son amour interdit pour une femme ''douteuse'' et sa paternité d'adoption. Le fil conducteur du récit est le Myosotis, wasurenagusa en japonais, une fleur qui signifie ''Ne m'oubliez pas'' comme le symbole des personnes qui nous sont chères et qui laissent leur empreinte malgré le temps ou les séparations.
    Encore une fois, l'écriture poétique de l'auteure fait mouche. En peu de mots, peu de pages, elle sait décrire la délicatesse, la douceur mais aussi la passion et le tumulte des sentiments humains. Chaque volume est un moment magique, une parenthèse enchantée et enchanteresse. Peu à peu, les secrets, les non-dits, les hypocrisies sont mis à jour, les pièces du puzzle s'assemblent et font apparaître le tableau d'ensemble de cette formidable saga, toute en beauté et en tristesse. Une œuvre douce-amère qui se termine avec le cinquième tome, Hotaru. Les lucioles vont succéder aux myosotis... A suivre.