Conseils de lecture

22,00
par (Libraire)
5 février 2022

le Grand roman de l' Année !

La chronique du livre par l' écrivain Denis Montebello que nous remercions chaleureusement!

Il suffit qu'un grand-père emmène son petit-fils aux champignons, lui en apprenne les noms, lui montre aussi comment reconnaître, aux traces qu'ils laissent, les animaux, pour que les souvenirs affleurent. Pour que la Moselle se remette à couler, et nos larmes.
Surtout quand on cueille, dans sa lecture, une phrase comme celle-ci (page74) :
«Novembre est gris des façades jusqu'au ciel, et la Moselle même n'a plus de couleurs. Sous les ponts, elle coule avec une lenteur d'huile, on dirait des larmes. »
On passe par la Lorraine, dans CONNEMARA, le nouveau roman de Nicolas Mathieu. On y revient, comme Hélène, ou on y reste, comme Christophe, et quand celle-ci rencontre celui-là, c'est forcément à Épinal, mais avec d'autres images que celles qui ont fait la renommée, sinon la fortune, de cette cité vosgienne.

Les images sont des passantes, on l'a dit. Georges Didi-Huberman, magnifiquement. Ce sont des passe-murailles. Des symptômes. Des fantômes. Je ne parle pas seulement des noms qui me reviennent, des Poirot ou Marchal que j'ai pu connaître, des Kieffer ou des Trombini, des Müller ou des Scandella, de Golbey que je reconnais dans Cornécourt, à son usine à papier norvégienne, à son odeur d'oeuf pourri, des quartiers comme le Saut-le-Cerf, Poissompré où il y avait déjà la patinoire, de la rue où les Brassard ont leur belle maison, des Murmures où j'entends des Soupirs, des tofailles qu'on mangeait sans le savoir, du pâté lorrain du dimanche ou de la tarte aux mirabelles, mais aussi d'allers, avec notre « transfuge de classe », du bel aujourd'hui aux tristes « années sépia ». Et retours à la galerie désertée, aux centres-villes qui se vident au profit de la périphérie.

Et de ceux qui, dans le considérable open space de leur cabinet de consulting, accompagnent, hâtent quand il le faut, « à l'aide de quelques verbes du premier groupe » et en multipliant les « anglicismes prophétiques », l'invention d'une région. Le passage de la Lorraine au Grand Est. Qu'ils peuvent remercier. Avec des rimes riches. Tant pis pour les pauvres que ça enfonce dans la misère ou pousse vers les marges. Tant pis pour les centres-villes en déshérence et tant mieux pour les centres commerciaux qui prospèrent.

Il y a le centre, l'épicentre comme disent ceux qui voudraient bien chanter à nouveau Le commerce à Épinal c'est génial, un tube des années quatre-vingt mais moins connu que Connemara, et que plus personne n'oserait reprendre, même pour un mariage ou dans un karaoké, qui peut croire à ça, qu'un nom peut arrêter l'hémorragie, empêcher que les centres-villes ne se vident au profit des zones d'activités. Des zones pavillonnaires qui champignonnent sur le pourtour.

Qui peut croire que ça reviendra, les Trente Glorieuses ou nos années sépia ? Qui, en dehors d'Hélène quand elle pense au début, en rencontrant Christophe, retrouver sa jeunesse ?

Mais je ne veux pas raconter la suite, spoiler un roman remarquablement écrit, dans un style à la fois flaubertien et cinématographique, avec des techniques que Nicolas Mathieu maîtrise parfaitement, avec aussi ce qui crève l'écran, ce qui en sort pour nous toucher en plein cœur. Un roman mérovingien -au sens proustien du terme-, et à la pointe de l'époque. Avec des trouvailles à chaque page, des inventions qui ne plairont pas seulement aux chasseurs de champignons, aux collecteurs de traces, des cueillettes qui feront notre lecture miraculeuse. Notre présent réminiscent et terriblement jouissif.


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