Le dahlia noir

Le dahlia noir

James Ellroy

Rivages

  • 26 octobre 2012

    J'ai eu du mal à entrer dans cette histoire, l'univers de la boxe, le polar noir n'est pas mon genre de lecture habituelle, et puis au fil des pages, l'envie de savoir a été la plus forte. Et de rebondissements et rebondissements, on comprend pourquoi ce livre fait partie des grands classiques du roman noir.
    Une plongée dans le Los Angeles de l'après-guerre, entre racisme, drogue, corruption, les méandres de la police...

    http://lecture-spectacle.blogspot.fr/2012/10/le-dahlia-noir-de-james-ellroy.html


  • 12 mars 2011

    Lee Blanchard et Bucky Bleichert sont deux flics du L.A.P.D (Los Angeles Police Department), deux hommes forts et puissants qui forment un duo de choc, « Feu et Glace, les flics boxeurs. » (p. 106) Leur amitié s'est forgée sur le ring à coup de gants de boxe et sur le terrain dans la chasse aux criminels. Entre Blanchard et Bleichert, il y a Kay Lake. Elle vit avec Blanchard mais leur relation est toute platonique alors que se noue une romance improbable entre elle et Bleichert. « Adversaires, puis coéquipiers et enfin amis, Kay était inséparable de l'amitié : elle ne venait jamais se mettre entre nous mais elle emplissait nos deux vies, hors des heures de travail, avec grâce et . » (p. 91) Début 1949, le trio Lee/Bucky/Kay vole en éclat avec le meurtre du Dahlia Noir, une actrice de seconde zone, menteuse, rêveuse et pas farouche, retrouvée découpée, mutilée et éviscérée sur un terrain vague.

    L'affaire déchaîne les médias. « Femme fatale provocante, en robe noire collante » (p. 142), le Dahlia Noir convoque les démons féminins qui hantent les deux flics, les poussant dans des voies dangereuses. Bleichert le reconnaît en introduction : « Notre équipe ne fut rien d'autre qu'une route cahotante qui menait au Dahlia. Au bout du compte, elle devait nous posséder l'un et l'autre, totalement. » (p. 21) L'affaire du Dahlia Noir dépasse le simple meurtre et dissimule une sordide affaire de mœurs et de famille. L'enquête, qui semble insoluble, obsède Bleichert qui se perd dans les faux-semblants et les ramifications de diverses affaires de crimes qui n'en forment qu'une seule, atroce à souhait.

    Le récit est mené est Bleichert, dans une narration à la première personne qui entraîne le lecteur dans les tourments de la mémoire du policier. On suit l'enquête depuis l'intérieur d'un esprit bourrelé de remords. Avec cynisme et sur le ton d'un humour grinçant, Bleichert rapporte les faits crus et dévide la vérité jusqu'au bout de la pelote. Il remonte aux sources du sordide pour s'y noyer et n'en réchappe qu'au prix d'un ultime sursaut d'horreur. Blanchard et Bleichert traînaient tous les deux des casseroles issues de la seconde guerre mondiale et d'un passé familial traumatisé. Bleichert dévoile lentement son aversion des femmes avant sa rencontre avec Kay, la femme qui le sauve de lui-même : « l'amour avait pour moi un goût de sang, qui se mêlait aux odeurs de résine et d'hémostatique. » (p. 56) Sa liaison avec Madeleine Sprague, riche héritière d'une famille bourgeoise, est un piège dans lequel il s'embourbe doublement et profondément.

    L'affaire du Dahlia Noirest fondée sur un fait divers réel. Une actrice affublée de ce surnom a réellement fait la une des journaux de Los Angeles. Le cas n'a jamais été résolu par les services de police, mais James Ellroy se paie le culot de proposer un dénouement et une explication au meurtre qui a ensanglanté les pages des canards de la ville des Anges. J'ai dévoré ce premier tome en constatant que l'horreur fait recette et attire l'œil. Incapable de détacher les yeux des descriptions macabres qui ponctuent le roman, je me suis délectée des mécanismes mis en œuvre par l'auteur pour balader son lecteur.

    Le film éponymede Brian de Palma avec Josh Hartnett, Hilary Swank et Scarlett Johannson est une réussite. J'ai déploré quelques raccourcis mais le film reste fidèle à l'esprit du roman de James Ellroy. Seul bémol – et de taille – j'ai trouvé Josh Hartnett bien trop jeune et trop poupin pour incarner l'agent Bleichert. L'acteur semble ne pas avoir assez vécu pour endosser le pesant costume de ce flic tourmenté