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couverture du livre

Du Piano-épave - The Well Weathered Piano

Ross BOLLETER
traduit de l'anglais (Australie) par Marie-Hélène Estève
édition bilingue
Lenka Lente
20 euros

Ecoutant Thélonious Monk, tout en lisant ce livre, on se disait que le compositeur d’Epistrophy aurait aimé jouer sur les pianos de Ross Bolleter, ce pianiste et compositeur dont la particularité est de jouer presqu’exclusivement sur des pianos-épaves qu’il vénère, collectionne, « préserve ». Ceux-ci ont subi les dégradations du temps, parfois des intempéries et des nuisibles. Il tire de leur parfois piteux état des notes, des sons, des concerts et une expérience limite dans laquelle se mêlent temps qui passe, humour dû à l’inconfort des instruments et une poésie inqualifiable que n’aurait pas renié John Cage.

Bolleter est australien et ses pianos sont indissociables de son pays et quasi continent ainsi que des peuples qui y vivent. On le suit dans ses recherches de pianos, se perdant dans le bush ou les non-lieux des quelques grandes villes australiennes. On l’entend presque jouer sur des touches fêlées, des cordes abîmées. On est attendri et surpris comme lui quand il découvre un gamin aborigène dormant pelotonné dans les feuilles mortes au fond d’un piano Wurlitzer. Et on est fasciné quand il parvient à faire jouer simultanément sur un nombre illimité de pianos (à vrai-dire sept), sur trois continents, son concerto Left hand of the universe, à l’instar de Rachmaninov ou Ravel. Ce livre est de la bombe ! A quand le piano-bombe ?

image "je veux le lire"