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couverture du livre

L'amie prodigieuse

Elena FERRANTE
Traduit de l'italien par Elsa Damien
Gallimard
8,20 euros

Elena Ferrante nous emmène dans les quartiers pauvres et démunis de Naples, années 50 en plein boom économique,  période de mutation.

Deux jeunes femmes de familles modestes se lient par une amitié  « prodigieuse ». Elles entretiennent une course de la connaissance, du savoir. L’une plutôt par don, l’autre grâce au travail, par volonté d’apprendre, de dépasser son amie en ayant la meilleure note.

Les tourments de l’adolescence, la transformation des corps, l’affront des bandes des banlieues rendent la vie dangereuse, tourmentée dans ce quartier en lisière du centre-ville.

Si l’amour est un sentiment souvent traité en littérature  cette fois la complexité de l’amitié est à l’honneur, dans sa dimension fondatrice, émancipatrice et comme vecteur de passage à l'âge adulte. On vit pleinement aux côtés de ces deux héroïnes inoubliables et on admire leur courage, leur pugnacité. Un remarquable plongeon dans Naples, ses codes, la tradition, le sens de la famille …

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couverture du livre

Un membre permanent de la famille

Russel BANKS
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Furlan
Actes Sud
7,80 euros

Russel BANKS réussit en quelques lignes, quelques pages à décrire profondément la vie d'une mozaïque d'êtres humains passant de l'homme à la femme, du noir au blanc avec une facilité déconcertante.

Les personnages traversent une crise, de ces crises politiques, économiques et sociales que connaissent les classes moyennes du monde entier.

Les aléas de la vie entravent fortement leur quotidien jusqu' à les forcer à basculer dans la survie.

L' auteur excelle à nous décrire le déclin des illusions et le passage à la débrouillardise pour tenir la tête hors de l'eau.

Transcrivant parfaitement ce que vivent une multitude d'Américains aujourd'hui, Russel BANKS tient ici des chroniques d'un réalisme troublant sans toutefois verser dans l'amertume.

Un pari de litterature sociologique hautement réussi.

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couverture du livre

Alameda

Astrid Cabral

Traduit du portugais (Brésil) par Astrid Cabral et Sandrine Pot

Editions les Arêtes

17 euros

"Il y avait longtemps que les heures de bureau avaient commencé chez les végétaux". Voici une des phrases dont ce livre est capable. Il fait parler les plantes et les végétaux comme le jardinier fait parler le sécateur, il leur attribue des pensées et des sentiments profonds.

On en sort ébloui, empli de chlorophylle et bluffé qu'une auteure ait osé. On ne s'étonnera pas qu'elle soit poète. Bien sûr les végétaux aiment, souffrent et parlent entre eux, mais aussi : la place du village, la clôture, le parc se racontent.

Quant à l'homme, il ne peuple pas la nature, c'est la nature qui l'habite. Elle a pris possession. Certes il taille les arbres, il cueille ou ramasse les fruits, mais c'est malgré tout de ce prédateur - et fier maître du monde qui se prend pour Dieu - dont il est question dans ces contes.

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