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couverture du livre

Rendez-vous à Positano

Goliarda SAPIENZA

traduit de l'italien par Nathalie Castagné

Le Tripode

19 euros

Le Tripode publie titre après titre les œuvres complètes de Goliarda Sapienza.
Après l'Art de la joie, ce récit est un bouleversant rendez-vous d'une sensibilité et d'une sensualité inouïes.

L'auteure, de passage au Sud de Naples pour son travail, narre son amitié passionnée avec Erica, une "princesse" entraperçue parmi les ruelles de Positano, puis rencontrée, apprivoisée et aimée.
Des bougainvilliers éclatants aux pieds nus sur les marches humides des escaliers du village : on désire connaître nous aussi, les plaisirs de la côte amalfitaine, ramer vers des criques quasi-désertes...
Elles sauront tout l'une de l'autre. L'âme de Positano, qui agit sur ses habitants comme sur ses visiteurs, sublime leur relation.

Lumineux et tragique !

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Le blues de la La Harpie

Joe MENO

traduit de l'américain par Morgane Saysana

Agullo fiction

21.50 euros

La Harpie est une petite ville du Midwest où l'on "trouve même des belles de nuit". Luce Lemay y revient trois ans après y avoir commis l'irréparable lors d'un braquage ; il renverse un landau avec sa voiture et tue le bébé.Il y retrouve aussi Junior Been un ami ex-taulard colosse au très grand coeur avec lequel il va former un duo tendre et touchant. La petite ville est un repaire de red-necks et de paumés d'où émerge la belle Charlène dont Luce va s'éprendre. De la station service Gas N Go où ils travaillent , à la pension de famille minable où ils vivent en passant par le restaurant Starlight dinner sur le bord de la route, les lieux ressemblent à ceux d'un western, les gestes sont les mêmes, les codes en moins. Il n'existe aucune différence entre un saint et un pêcheur, tout "provenait du sang douceâtre qui coule dans les veines et de tendre vérité tapie au fond des êtres". Livre de la fureur parfois mais aussi de la déploration, sous la protection d'une vierge qui n'est qu'en plastique, ce Blues de La Harpie est écrit comme tous les blues avec les mots de la tendresse et ceux des coeurs perdus. On ne sait guère si l'on aime plus le chant fêlé de Luce, la voix rauque de Junior ou celle un peu lascive de Charlene où le choeur des belles de nuit qui s'offrent autour des gares. Hubert Selby en a dit du bien, de ce blues, croyez bien qu'on n'en dira surtout pas du mal et voir beaucoup de bien.

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Dans la forêt

Jean HEGLAND

traduit de l'anglais (États-Unis) par Josette Chicheportiche

Gallmeister

23,50 euros

Les éditions GALLMEISTER nous régalent de nouveau en proposant la traduction de ce roman paru il y a plus de 20 ans aux Etats-Unis. Dans la forêt résonne étrangement en nous. En Caroline du Nord, deux jeunes filles, deux sœurs se retrouvent isolées dans la maison familiale située en pleine forêt à une cinquantaine de kilomètres de la ville. Une ambiance ​ pré-apocalypse s​'installe​ dans des circonstances inexpliquées des coupures d'électricité se font de plus en plus fréquentes, les communications sont rompues, combien de temps cette situatuon va t-elle durer ?

Les deux SOEURS vont dans un premier temps organiser leur survie, aller à​ la recherche de nourriture, de bois de chauffage. Passionnée de danse pour l'une, férue de lectures pour l'autre le temps s'écoule pour elles lentement​ au rythme de la nature, omniprésente. L'amour familial rend l​es conditions de cette​ cohabitation ​supportables​ mais chacune ​ dans cette réclusion fait l'expérience de la solitude, ​mais celle aussi ​du partage et de​ l'espoir... On ​sort bouleversé, troublé de cette histoire, ​qui nous renvoie à la ​fragilité de notre mode de vie, à ​la dépendance ​ inutile​ au monde qui nous entoure... ​
Fervents lecteurs du livre "L​e mur invisible" de Marlen HAUSHOFER ​ que nous défendons ici depuis si longtemps "Dans la forêt" est pour vous.

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Une vie entière

Robert SEETHALER

traduit de l'allemand par Élisabeth Landes

Sabine Wespieser

18 euros

On pourrait penser que 150 pages ne pourraient suffire à raconter la vie d'un homme. Dire une vie bien remplie, celle d'un humble parmi les humbles.

L'existence c'est du temps, et le temps est la matière de ce beau livre, construit, et c'est sa grande force, sur des ellipses.

Condensation et dilatation. Condensation des sentiments, de la présence au monde de Eggers le héros du roman et dilatation quand sa vie s'inscrit dans un temps long, celui de l'histoire ou du progrès. Qui est cet Eggers? Un orphelin très jeune recueilli par une brute, qui le rendra boiteux, finira par trouver l'amour, survivra à une avalanche, sauvera un homme de la mort, fera la guerre sur le front russe, participera à la construction des premiers téléphériques, vieillira dignement et finira par mourir de sa belle mort.

Rien de plus simple mais rien de plus beau sous la plume de Robert Seethaler. On referme le livre avec le sentiment d'avoir vu défiler sous nos yeux - un peu comme on prétend voir défiler la sienne au moment du dernier instant- une vie bien remplie, celle d' un homme qui va droit par des chemins sinueux, mais n'est ce pas le propre de toute vie ?

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La petite lumiere

Antonio Moresco

traduit de l'italien par Laurent Lombard

Verdier

14 euros

Un homme vieillissant (on ne sait rien de lui) a décidé de se retirer du monde, de disparaitre.

Un monde en proie à on ne sait quelle menace sourde mais présente.

Dans ses nuits l'homme perçoit, aperçoit de l'autre côté (quel est cet autre côté dont il est question ?), une petite lumière qui s'éclaire tous les soirs alors qu'il se croit résolument seul. C'est le début d'une longue quête. Toute l'histoire est simple et belle comme les grandes histoires celles qu'on raconte aux enfants, elle va se dérouler dans un grand ballet d'hirondelles, de lucioles, de blaireaux, d'insectes de toutes sortes avec lesquels le narrateur entretient d'étranges rapports. Très vite dès les premières pages, on bascule dans une sorte d'ailleurs mystérieux mais très plausible. Je ne vois pas avec ce livre de meilleure illustration à ce concept que Freud a défini comme unheimlich, mal traduit en français par "inquiétante étrangeté", qui désigne  ce sentiment de familier et d'étrange. Refermant le livre on se dit que l'on vient de vivre une expérience unique.

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Wild Idea

Dan O'Brien
Traduit par Walter Gripp
Gallimard
8,20 euros

Même si vous êtes végétariens vous allez énormément apprécier​ le roman de Dan O' Brien.
Le sujet peut paraître tenir de l'utopie et pourtant ! L'auteur partage avec nous son aventure extraordinaire mais raisonnée de réimplanter un élevage de bisons dans les grandes plaines du Dakota du sud aux Etats-Unis.
Professeur de littérature, l' auteur suit l' enseignement sage des indiens Lakota « les bisons nous donnent tout ce dont nous avons besoin pour être riches ».
Dan O'Brien entraîne dans cette aventure éthique une femme et sa fille et ainsi rompt avec sa vie de solitaire. Il devient chef de famille et va s'entourer de personnes aussi attachantes qu'atypiques ...
La portée de ce témoignage est impressionnante parce qu' il est composé de riches éléments instructifs, écologiques, économiques, sociaux, psychologiques...
La force du récit et la persévérance de cet homme nous accompagnent loin de nos tracas quotidiens ...

 

Son inspiration : « Ceux et celles qui osent dire non ! »
« J’admire les hommes et les femmes qui ­refusent les injustices », explique Dan. « Ceux et celles qui prennent le risque de s’opposer au pouvoir lorsqu’ils estiment qu’il est juste et ­nécessaire de le faire pour le bien de tous. Qu’il s’agisse de personnalités exceptionnelles comme Martin Luther King ou de militants comme José Bové. Le courage de ces derniers nous aide à aller de l’avant. Un projet économique et éthique comme le nôtre génère beaucoup de résistance et d’opposition de la part des autres éleveurs, y compris ceux qui ont des bisons, car il remet en cause leur mode de fonctionnement et leur ­volonté de toujours gagner et produire toujours plus, et plus vite, sans se soucier des conséquences pour les générations qui viennent.»

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La quête de Wynne

Aaron Gwyn
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe
Gallmeister
9,50 euros

Quelle furie que ce roman ! Sam Peckinpah disait qu'un bon film se résume en trois choses : "une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire", on peut en dire autant de cette épopée au coeur des montagnes afghanes déchirées par un conflit auquel plus personne ne comprend rien, mais qu'importe. Russel est un Ranger qui s'est engagé dans l'armée à la mort de son grand-père, éleveur de chevaux. Un soir de patrouille , il est pris dans une fusillade avec des Talibans. Or, au milieu de la place du village perdu où les balles fusent, un cheval passe. Russel, pris d'un coup de folie, décide de le tirer de là et prend des risques insensés, se faisant blesser au passage. Mais surtout il se fera filmer, devenant une star sur Youtube et éveillant l'intérêt de son état-major. Il se verra donc muté sur une zone de combat avancée, aux ordres du charismatiques capitaine Wynne, afin de dresser des chevaux qui serviront à mener une opération commando dans les fiefs ennemis au fin dond des montagnes.

Réussir à faire un cocktail entre "Apocalypse Now" et "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" peut sembler invraisemblable et pourtant c'est ce que réussit Aaron Gwyn. On est bringueballé de la douceur de Russel avec ses bêtes à la tempête de feu des combat en une page, parfois une ligne. La guerre est implaccablement décrite, dans ses longues phases d'attente, dans son surgissement chaotique et meurtrier, dans la profondeur des paroles d'apparence anodines, dans le bouleversement des codes et des règles.

On se sent tout petit en lisant cet immense roman. On se planque sous les bombes, on tente d'amadouer des chevaux sauvages qui vous briseraient en deux d'une ruade, on tente de garder des repères dans la folie quotidienne, on tente de faire face au capitaine Wynne. Ouvrir ce roman, c'est prendre un hélico en pleine tempête de sable sous des tirs crépitants, tout en contemplant un magnifique paysage en pensant à son enfance. Oui, c'est aussi fou que ça...

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La Cigale du huitième jour

Mitsuyo Kakuta

traduit du jponais par Isabelle Sakaï

Actes Sud

22.80 euros

Cela faisait longtemps qu'on avait pas lu un bon roman japonais. Après avoir épluché les classiques du genre, lu avec attention quelques petites perles de chez Picquier, on restait sur notre faim. Et puis l'ouvrage de Matsuyo Kakuta nous tombe entre les mains. Quelle puissance, quelle audace, conjuguée avec une sublime retenue poétique, dans ce roman unique et bouleversant. L'histoire est simple et pourtant si complexe : une femme, répondant à un besoin qui la dépasse, vole le nouveau né de ses voisins. Elle se retrouve en un instant fugitive dans les rues de Tokyo, là où elle a toujours mené une vie rangée et se retouve mère dans le même instant, elle qui ne connait rien aux enfants. Nous voilà alors plongé dans un road movie à petits pas, dans un Japon underground où se croisent d'étonnants personnages et où la profondeur des motivations de l'héroïne se dévoile à mesure que son amour se tisse avec l'enfant. Un roman éblouisssant de complexité humaine et où pourtant la simplicité narrative nous prend aux tripes pour nous lâcher à la fin, ébloui et décontenancé, bien loin de toutes nos certitudes. Renversant.

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Lucy in the Sky

Pete Fromm
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurent Bury
Gallmeister
11 euros

C'est une collègue libraire, et avant tout grande amie (la Femme Renard à Montauban, courez-y !), qui m'a intimé de me jeter sur ce livre que "tu vas adorer". Devant tant de force de conviction, je ne pouvais que m'éxécuter. Et je peux affirmer que j'ai bien fait. Lucy in the sky est sûrement un des meilleurs romans d'apprentissage que j'ai lu, le meilleur sur l'adolescence sans aucun doute. Quelle claque joyeuse et tourmentée que de suivre les aventures de ce garçon manqué, fille d'une femme fatale de banlieue et d'un bûcheron aussi énigmatique qu'hyper démonstratif.

Lucy apprend à devenir femme entre moments de flamboyance et de gros dépit. Elle a la répartie de Bill Murray et la combattivité de Tank Girl, elle est une sorte d'antidote au Price de Steve Tesich. C'est avec joie et tendresse qu'on la voit refaire le monde avec son meilleur pote Kenny, comme des enfants Simpson qui auraient grandi dans l'environnement de Ghost World. C'est avec émotion qu'on la voit découvrir son corps, celui des autres, l'amour et ses désillusions, que ce soit pour elle ou pour les autres, comme le couple hallucinant que forme ses parents. Lucy c'est un cri à la vie le poing en l'air sur une falaise, c'est l'énergie de nos 15 ans qu'on retrouve d'un coup et qui reste en nous bien après l'avoir fini. Et bon sang, ça fait du bien !

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Little America

Rob SWIGART

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe

Cambourakis

21 euros

Encore une pépite déjantée chez les éditeurs de "L'ours est un écrivain comme les autres !"

Récit jouissif construit comme un Pulp Fiction pour loosers dans l'Amérique des sixties, le roman de Rob Swgart est un feu d'artifices (au sens propre comme au figuré). On y suit tambour battant les aventures d'Orvile qui veut tuer son père mais rate souvent son coup, pendant que son père lui tente de sauvegarder le secret de sa sauce secrète industrielle qu'il vend aux 4 coins du pays, et surtout de tromper sa femme, qui elle le trompe pour de bon, le tout alors que des missiles nucléaires se balladent, qu'un très beau cousin énervant met son grain de sel partout et que des anciens des forces spéciales traficotent à droite à gauche. Tout s'enchaine, se téléscope, et explose joyeusement à "Little America", plus grosse station service de l'Ouest américain, dans un final ahurissant pour ce vaudeville survolté où les parties de jambes en l'air sont aussi épiques que pathétiques ! Little America c'est un script génial écrit par Wes Anderson, John Fante, Hunter Thompson et Tarantino, Alors en voiture et Viva Little America !

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